« Des pintades et des manguiers » : quand le théâtre célèbre la mémoire et l’engagement écologique
- 18 févr.
- 2 min de lecture
Du 11 au 15 février 2026 à Ouagadougou, les compagnies Kala-Kala Théâtre et Roch Paper Scissors Théâtre, en collaboration avec Grâce Théâtre, portent à la scène « Des pintades et des manguiers », un texte puissant de Clair Tipy, mis en scène par Sidiki Yougbare.

À travers l’histoire d’Asseta et de sa mère Sali, contraintes de quitter leur terre, le spectacle interroge l’urgence de transmettre avant l’exil. Entre mémoire, rites et racines, il s’agit d’un plaidoyer pour rester humain face aux bouleversements du monde.
Une ode à la transmission et à la résilience
Selon Clair Tipy, plusieurs thématiques traversent ce texte, notamment l’hommage à la transmission intergénérationnelle. La pièce puise son inspiration dans des figures réelles dont l’engagement force l’admiration.
Le personnage principal s’inspire notamment de Yacouba Sawadogo, cet homme devenu symbole de la lutte contre la désertification au Burkina Faso. Pendant plus de quarante ans, il a planté des arbres, régénéré des terres arides et redonné vie à des écosystèmes, sans attendre reconnaissance ni récompense. Un travail noble, accompli avec la conscience que les fruits profiteront surtout aux générations futures.

À travers un second personnage, inspiré du peintre Martin Kabré, la pièce rend également hommage à tous ceux qui luttent, souvent dans l’ombre, pour accomplir leur destinée. Artistes, bâtisseurs, rêveurs engagés : ces figures incarnent la persévérance et la foi en l’avenir.
Un récit universel ancré dans le réel
« Des pintades et des manguiers » ne se limite pas à une fiction. Elle s’inscrit dans une réflexion profonde sur l’exil climatique, la responsabilité collective et la valeur du legs culturel. À travers une écriture sensible et une mise en scène immersive, le spectacle invite le public à questionner son propre rapport à la terre, à la mémoire et à l’engagement citoyen.

En mettant en lumière des héros du quotidien, la pièce célèbre ces femmes et ces hommes qui sèment aujourd’hui pour que d’autres récoltent demain.
Durant cinq jours, Ouagadougou devient ainsi le théâtre d’une parole forte, porteuse d’espoir et de conscience. Une invitation à ne pas oublier d’où l’on vient, et à réfléchir à ce que nous laisserons derrière nous.
RC



Commentaires