Match d’impro 4 : quand la danse contemporaine retourne à l’essence du mouvement
- 16 janv.
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L’espace culturel Napam Beogo a servi de creuset artistique à l’ouverture de la 4ᵉ édition du Match d’impro, un rendez-vous chorégraphique annuel qui place l’improvisation au cœur de la création contemporaine. Fidèle à son esprit originel, l’événement a offert au public une expérience singulière, où le corps devient le principal médium d’expression, libéré de toute contrainte scénaristique.

Cette année, les danseurs ont été invités à explorer le thème « Retour aux sources », une orientation artistique qui les a conduits à revisiter les fondements culturels et corporels de la danse. Sur scène, aucun scénario, aucune mise en scène prédéfinie : uniquement l’instant, le ressenti et le mouvement. Les artistes, parmi lesquels Paul Kaboré, Charlemagne Kaboré, Haoua Sangaré, se sont succédé en solos, duos ou performances collectives, livrant des propositions brutes, parfois déroutantes, mais toujours sincères.
Entre chutes maîtrisées, silences prolongés, immobilités habitées et gestes spontanés, chaque improvisation semblait naître d’un dialogue intime entre le corps et l’instant présent. Une esthétique du lâcher-prise qui interpelle, questionne et invite le spectateur à une lecture sensible du mouvement.

À l’initiative de ce concept, le chorégraphe Tierema Levy Koama, défenseur d’une danse affranchie des codes classiques du spectacle. Pour lui, le Match d’impro n’est pas un spectacle au sens conventionnel du terme, mais un espace de recherche et d’expérimentation artistique.
> « Ce ne sont que des improvisations. J’ai créé ce concept pour permettre aux danseurs de questionner leur esprit créatif et la scène artistique », explique-t-il.
Selon Koama, cette plateforme offre aux danseurs l’opportunité de faire émerger des pistes de réflexion chorégraphique susceptibles de nourrir durablement leur démarche artistique. « C’est un laboratoire où certains arrivent à tracer une ligne, à faire jaillir des idées nouvelles », souligne-t-il.

Après trois éditions marquées par l’audace et la spontanéité, cette quatrième édition innove en s’étendant sur deux jours, les 17 et 18 décembre. Le choix du thème s’est accompagné d’une option musicale forte : le warba, rythme traditionnel du terroir moaga. Un pari assumé par le chorégraphe, convaincu que la danse contemporaine peut et doit dialoguer avec les musiques traditionnelles.
« La danse contemporaine embrasse toutes les musiques. Pourquoi ne pas explorer nos propres racines ? », affirme-t-il.
Placée sous le parrainage du chorégraphe Seydou Boro, figure emblématique de la danse contemporaine africaine, cette édition bénéficie du soutien de l’espace Napam Beogo et de Wallonie-Bruxelles International.
Les improvisations se poursuivent ce 18 décembre, promettant au public une immersion renouvelée dans une danse libre, audacieuse et profondément enracinée dans l’identité culturelle burkinabè.
RC



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