Pièce théâtrale: « Pùkri » une œuvre poignante pour panser les blessures de l’histoire burkinabè
- 27 nov. 2025
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Le 26 novembre 2025, l’Espace Grâce Théâtre cité An III a accueilli la première de « Pùkri », une création théâtrale portée par l’association Lumière de l’art et soutenue par le Bureau burkinabè du droit d’auteur (BBDA) via le Fonds de promotion culturelle (FPC). Adaptée du recueil de poèmes "Et si les armes devenaient des fleurs" de Paul Zoungrana, la pièce est mise en scène par Vincent Bazié, qui signe ici une œuvre à la fois artistique et citoyenne.

Avec trois comédiennes et un musicien « Pùkri » revisite les tumultes de l’histoire politique du Burkina Faso. De Maurice Yaméogo à Blaise Compaoré, en passant par Thomas Sankara et les régimes successifs souvent interrompus par des coups d’État, la pièce retrace les grandes fractures du pays. L’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 et la tentative de putsch de 2015 y sont abordées avec une intensité dramatique qui interpelle.
Mais « Pùkri » ne se limite pas à une évocation historique. Elle propose une réflexion profonde sur la paix, la réconciliation et la cohésion sociale. Pour Vincent Bazié, cette œuvre est une invitation à se retrouver, à dialoguer, à guérir les blessures encore ouvertes. « Aujourd’hui, des familles entières sont divisées, rongées par la rancune. Il est temps de se réunir sous l’arbre à palabres pour se parler à cœur ouvert », confie-t-il.

Sur scène, les comédiennes incarnent les voix du peuple. Elles dénoncent les exclusions, les marginalisations et les haines accumulées, dans une mise en scène sobre mais puissante. Leurs paroles résonnent comme un appel à la mémoire collective et à la reconstruction d’un vivre-ensemble fragilisé.
Moussa Sanou, membre du comité de suivi des projets subventionnés par le BBDA, a salué la qualité de la production: « Le BBDA a fait un excellent choix en soutenant Pùkri. C’est une œuvre nécessaire, à la fois artistique et citoyenne. »

Avec « Pùkri », le théâtre burkinabè confirme son rôle de miroir de la société, mais aussi de vecteur de résilience et d’espoir.
Une œuvre à ne pas manquer, qui sera rejouée les 27 et 28 novembre à l’Espace Grâce Théâtre cité An III, au tarif accessible de 1000 FCFA.
RC



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